Quelle est l'origine des surnoms pittoresques de vos personnages ?
R. Dunbar (C-Note) : Nous avons tous des surnoms féminins : T(ea)-Bag = sachet de thé, C-note = carnet de note mais aussi "billet de banque". Pour C-Note cela vient du fait qu'à chaque fois que je fais quelque chose pour quelqu'un, ça va lui coûter un billet de cent. Quoi que ce soit, une blonde à longues jambes ou un paquet de chewing-gum, ce sera contre 1 billet de cent. (note : "C" est ici mis pour Cost (coûté) et C-note signifie donc ici "qui coûte 1 billet de banque").
R. Knepper (T-Bag) : Lorsque j'ai auditionné pour Prison Break, je n'avais aucune idée de ce que l'expression T-Bag signifiait (c'est de l'argot pour un acte sexuel particulièrement trash). J'ai fait cet horrible cauchemar où je me trouvais dans la chambre d'exécution : l'audition ultime pour le rôle, lorsqu'un petit malin venait me demander "d'après toi, d'où vient ce nom de T-bag ?". Alors ça m'a trotté dans la tête jusqu'à ce que je trouve. J'allais répondre : "et bien je ne plonge pas mon "sachet de thé" dans l'eau, tant qu'elle n'est pas bien bouillante".
Au départ, comment avez-vous construits vos personnages ?
R. Dunbar (C-Note) : Au départ, C-note n'était pas un personnage récurrent pour les réalisateurs. Apparemment, ils m'ont apprécié et m'ont fait revenir. J'ai entendu dire que les story-lines avaient été écrites avant qu'ils sachent que la série était retenue, mais à ce moment ils ont réalisé que je jouais dans une autre série (« Head Cases » sur la fox), et ils ont dits "ok, attendons de voir comment ça se passe avec l'autre série". Une fois que l'autre série a été annulée, ils m'ont fait revenir.
R. Knepper (T-Bag) : J'ai fait des pieds et des mains, comme si j'étais un habitué des séries, mais il y avait une petit clause de mon contrat que je n'avais jamais expérimenté avant. La plupart d'entres nous signe un contrat de 5 ou 7 ans, mais il y avait une chose dans le mien qui disait que la Fox avait le droit, après le 1er épisode, de décider si ils gardaient, ou non, le personnage. A la base, c'était donc une audition du personnage (et pas du comédien !). Alors, je vais à Chicago, je fais l'épisode, et une fois terminé, je vais voir Michael Watkins (le réalisateur de l'épisode 2, le 1er épisode où l'on voit T-Bag) et j'ai demandé "alors, qu'en penses-tu ?". Ils ont dits : "tu es en plein dedans, ça marche".
Avez-vous collaboré avec les scénaristes pour développer vos personnages ?
R. Dunbar (C-Note) : Ouais. Ils étaient du genre "exprime ce qui te passe par la tête, tu y es déjà". Mais de temps à autre, tu auras un scénariste qui va venir, et ils aimeront tellement le personnage qu'ils voudront le peaufiner en modifiant quelques trucs, puis ils partent. Et toi, tu dois rester cohérent avec les changements apportés.
R. Knepper (T-Bag) : Dans le premier épisode, il y a une scène où je pense que Michael (Wentworth Miller) a tué mon copain, alors je suis décidé à le tuer. L'épisode suivant, je veux lui faire un croche-patte, je me lève pour aller vers Michael. Peter (Stormare qui joue Abruzzi le patron mafieux) vient vers moi et me fais rasseoir. C'était écrit, T-Bag dit "euh, euh, j'allais venir te voir..". Ils m'avaient transformé en un chiot tremblant.. Et j'ai pensé : "au premier épisode, j'étais là, j'ai déclenché une émeute entière. Et maintenant, je dois répondre à ce type?” J'ai dit à Paul Scheuring : "j'ai déchaîné une émeute, je ne pense pas que je doives demander une permission quelconque à ce gars". Alors, ce que j'aimerais faire, avec ta permission, c'est de dire "Je n'ai pas à venir te voir" (ep 03, 29ème min.). C'est ce qui les a aidé à placer toutes ces choses entre Abruzzi et T-Bag dont le point culminant est quand je lui tranche la gorge. Tout cela part du moment où j'ai dit "ça ne marche pas".
Comment est-ce de tourner à l'intérieur d'une vraie prison ?
R. Knepper (T-Bag) : Tu ne peux pas rêver mieux pour développer un personnage. Tout ce que tu as faire, c'est d'enfiler ta tenue et de franchir la porte. C'est une énergie stupéfiante. Tu as déjà vu la fameuse statue du château d'eau au centre de Chicago qui ressemble à un bout de château ? C'est le même architecte qui a conçu les deux endroits. La prison a été construite durant la guerre civile, elle ressemble à un vrai château. Pour moi, une fois le portail franchi, tu as l'impression de te retrouver dans une époque médiévale.
R. Dunbar (C-Note) : Tu marches dans la cour et la cour te dit "c'est ta place, là où tu es, c'est là où tu dois être, ne bouge pas d'ici". Une personne arrive dans la cour et c'est comme si la cour commençait à te dicter où tu peux aller et où tu ne peux pas.
R. Knepper (T-Bag) : Si nous interprétions un de ces mecs, genre angoissé ou victime, je suis sûr que tu pourrais marcher dans la prison comme un acteur le ferait et dire "Oh mon dieu, je ressens des horreurs". Tu pourrais sentir les émanations de John Wayne Gacy dans cet endroit. Tu peux sentir, et ressentir toutes les répressions, toutes les horreurs qui ont eu lieu ici.
Quel genre de recherches avez-vous faites avant le tournage ?
R. Dunbar (C-Note) : Ma s½ur est Corrections Officer (CO, l'équivalent des gardiens de prison en France), et ma mère s'est mariée en prison quand j'étais en troisième. Nous avions l'habitude de rendre visite à mon beau-père qui était emprisonné au pénitencier de Vacaville. Rassembler tous ces moments de ma vie m'a aidé et permis de repartir de ces expériences pour Prison Break.
R. Knepper (T-Bag) : J'ai eu 3 jours avant de commencer. Je n'ai pas eu le temps, j'ai pris le train en marche, comme nous tous. Pour interpréter un rôle, j'ai toujours appris qu'il fallait faire preuve d'imagination. Je peux imaginer plus de chose en imagination que ce que je peux réellement voir de la vraie prison.
Que pensez-vous du fait que la série continue de s'appeler « Prison Break » après la première saison ? Vous suivez ou pas ?
R. Knepper (T-Bag) : Les gens ont d'abord dit : "Oh-oh, ça s'appelle l'évasion (de la prison). Que va-t-il se passer maintenant que vous vous êtes évadés ?". Mais maintenant, je pense que les gens ont réalisé quelque chose, ce que les scénaristes ont toujours su, c'est qu'ils veulent savoir ce qu'il va arriver à ces gars.
R. Dunbar (C-Note) : Le fugitif a duré, combien, 10 ans ? Et il n'y avait qu'un seul gars. Nous avons, je ne sais plus combien de gars qui se sont évadés, alors toutes les storylines sont loin d'être épuisées. Paul Scheuring, lui-même l'a dit : "la série va se poursuivre en avions, trains et en voitures : le fugitif puissance 10. Maintenant que je sais ce qui va venir, je ne vois absolument pas de fin à la série. Il y a juste à s'asseoir et à boucler sa ceinture.